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sexta-feira, 21 de maio de 2021

Bacio - 20

Theo van Rysselberghe - Retrato de Émile Verhaeren

«Ceux qui vivent d'amour vivent d'éternité.»
Émile Verhaeren 

sábado, 8 de outubro de 2016

Oh ! laisse frapper à la porte


Oh ! laisse frapper à la porte
La main qui passe avec ses doigts futiles ;
Notre heure est si unique, et le reste qu'importe ;
Le reste avec ses doigt futiles.

Laisse passer, par le chemin,
La triste et fatigante joie,
Avec ses crécelles en main.

Laisse monter, laisse bruire
Et s'en aller le rire ;
Laisse passer la foule et ses milliers de voix.

L'instant est si beau de lumière,
Dans le jardin, autour de nous ;
L'instant est si rare de lumière première,
Dans notre coeur, au fond de nous ;

Tout nous prêche de n'attendre plus rien
De ce qui vient ou passe,
Avec des chansons lasses
Et des bras las par les chemins,

Et de rester les doux qui bénissons le jour,
Même devant la nuit d'ombre barricadée,
Aimant en nous, par-dessus tout, l'idée
Que, bellement, nous nous faisons de notre amour.

Émile Verhaeren

Três portas parisienses para a Isabel.

sexta-feira, 14 de janeiro de 2011

Bom passeio, Jad!


Charles-Louis Girault (1851–1932) - Arco triunfal do Palácio do Cinquentenário, 1906 (Bruxelas, Parque do Cinquentenário)

BÉLGICA

Bélgica dos canais de labor perseverante,
Que a usura das cousas, tempo afora,
Tempo adiante,
Fez para agora e para jamais
Canais de infinita, enternecida poesia…

Bélgica dos canais, Bélgica de cujos canais
Saiu ao mar mais de uma ingénua vela branca…
Mais de uma vela nova… mais de uma vela virgem…

Bélgica das velas brancas e virgens!

Bélgica dos velhos paços municipais,
Húmidos da nostalgia
De um nobre passado irrevocável.

Bélgica dos pintores flamengos.
Bélgica onde Verlaine escreveu Sagesse.

Bélgica das beguines,
Das humildes beguines de mãos postas, em prece,
Sob os toucados de linho simbólicos.
Bélgica de Malines.
Bélgica de Bruges-a-morta…
Bélgica dos carrilhões católicos.

Bélgica dos poetas iniciadores.
Bélgica de Maeterlinck
(La Mort de Tintagiles, Pelléas et Mélisande.)
Bélgica de Verhaeren e dos campos alucinados da Flandres.

Bélgica das velas ingénuas e virgens.

Manuel Bandeira
In: Poesias completas. Rio de Janeiro: Civilização Brasileira, 1940, p. 86-87

quinta-feira, 23 de dezembro de 2010

Neva em Bruxelas

 
http://lestroarmonico.unblog.fr/files/2008/03/27.jpg Bruxelas, 2008 

LA NEIGE 
La neige tombe, indiscontinûment, 
Comme une lente et longue et pauvre laine, 
Parmi la morne et longue et pauvre plaine, 
Froide d'amour, chaude de haine. 
La neige tombe, infiniment, 
Comme un moment - Monotone - dans un moment ; 
La neige choit, la neige tombe, 
Monotone, sur les maisons 
Et les granges et leurs cloisons ; 
La neige tombe et tombe
Myriadaire, au cimetière, au creux des tombes. 
Le tablier des mauvaises saisons, 
Violemment, là-haut, est dénoué ; 
Le tablier des maux est secoué 
A coups de vent, sur les hameaux des horizons. 
Le gel descend, au fond des os, 
Et la misère, au fond des clos, 
La neige et la misère, au fond des âmes ; 
La neige lourde et diaphane, 
Au fond des âtres froids et des âmes sans flamme, 
Qui se fanent, dans les cabanes. 
 Aux carrefours des chemins tors, 
Les villages sont seuls, comme la mort ; 
Les grands arbres, cristallisés de gel, 
Au long de leur cortège par la neige, 
Entrecroisent leurs branchages de sel. 
Les vieux moulins, où la mousse blanche s'agrège, 
Apparaissent, comme des pièges, 
Tout à coup droits, sur une butte ; 
En bas, les toits et les auvents 
Dans la bourrasque, à contre vent, 
Depuis Novembre, luttent ; 
Tandis qu'infiniment la neige lourde et pleine 
Choit, par la morne et longue et pauvre plaine. 
Ainsi s'en va la neige au loin, 
En chaque sente, en chaque coin, 
Toujours la neige et son suaire, 
La neige pâle et inféconde, 
En folles loques vagabondes, 
Par à travers l'hiver illimité monde. 

Émile Verhaeren

sábado, 24 de janeiro de 2009

Hoje vamos viajar até... à Bélgica - 1

 
Théo van Rysselberghe - «A leitura» Óleo sobre tela, 1903 
Gent, Museu de Artes Decorativas 
A figura central, representada no quadro, é o poeta sensacionista Émile Verhaeren

LES AMOUREUX 
L’été, lorsque les longs dimanches 
Tintaient dans les clochers nombreux, 
Tu écoutais tês amoureux, 
La belle fille aux fortes hanches. 
Et le premier chantait: «Ah, si ton coeur était 
La plus frémissante des feuilles 
Qu’avec joie et danger, on cueille 
À la cime de la forêt, 
Dês la prime heure, à l’aube blanche, 
D’arbre en arbre, de branche en branche, 
Je monterais.» 
El le second chantait:
«Ah! si ton coeur était 
Le caillou d’or et de lumière 
Qui brille au fons de la rivière, 
Dussent m’entortiller les rêts 
Que mille herbes y entrecroisent, 
Jusques au fond de l’eau sournoise 
Je plongerais.» 
Un autre encore chantait: 
«Ah! si ton coeur était 
Le fruit que sa splendour exile 
Là-bas, en mer, au fond d’une île, 
Parmi les vénéneux marais, 
Avec ma ferveur vagabonde, 
Vers les confins même du monde, 
Je partirais.» 
Et les lèvres riaient d’un beau rire charnu, 
Mais ne répondaient guère, 
Et sans rien dire, au bout de ton pied nu, 
Dans la lumière, 
Tu balançais ton sabot clair. 
In: Blés mouvants. Paris: Mercure de France, 1913